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dreamstime_s_25967501Je dédie cet article à tous ceux qu’une profession en traduction intéresse, voici quelques conseils pour devenir traducteur :

1. Étudiez!

Certaines personnes pensent être en mesure de bien traduire parce qu’elles se débrouillent dans deux langues. Erreur! Il ne suffit pas de parler un peu anglais et français pour savoir bien rédiger et traduire! La traduction est un processus beaucoup plus complexe. Une personne n’ayant jamais suivi de cours en traduction sera rarement consciente de tous les détails importants, et elle ne sera pas sensibilisée aux erreurs de traduction fréquentes.

Par exemple, Monsieur et Madame tout-le-monde n’est que très rarement au courant des anglicismes fautifs, (anglicismes sémantiques et calques), de l’existence des faux-amis, des tournures de phrases idiomatiques, etc. Les professeurs nous ouvrent les yeux sur ces difficultés et ils nous aident à repérer nos erreurs (glissement de sens, contresens, coquilles, surtraduction, sous-traduction, etc.) et à les corriger. De plus, les cours universitaires nous permettent de tisser des liens avec des gens ayant les mêmes intérêts que nous pour les langues, et ces contacts s’avèrent toujours très utiles, surtout pour le travailleur autonome!

2. Faites du bénévolat

Gare aux gens qui croient qu’il est facile de se trouver un emploi dans le domaine de la traduction aussitôt que l’on a son diplôme en poche: encore faut-il avoir de l’expérience!

Si vous faites partie de la minorité de diplômés ayant eu la patience de compléter un baccalauréat incluant 1 ou 2 stages, tant mieux pour vous! Mais pour les autres, ceux qui n’ont pas eu la chance ou la patience de faire un long programme qui incluait un stage en milieu de travail, voici mon conseil: faites du bénévolat!

Plusieurs entreprises recherchent des traducteurs bénévoles à Montréal. Allez jeter un coup d’œil au site du Centre d’Action Bénévole Montréal (CABM). Vous y trouverez une liste de plusieurs organismes à but non-lucratif et d’entreprises demandant des traducteurs-bénévoles, et ce travail peut généralement se faire à temps partiel et en télétravail. Ainsi, peu importe la région où vous vous situez, il y a toujours moyen de faire du bénévolat en traduction!

En plus d’enrichir votre curriculum vitae et de vous donner plus de crédibilité aux yeux des employeurs potentiels, cette expérience vous donnera confiance en vos compétences.

3. Lisez tous les jours

Lisez tout et n’importe quoi, lisez surtout dans votre langue maternelle, mais dans la langue que vous désirez traduire aussi. Essayez de varier les médias: journaux, romans, revue scientifique, site Web, blogue, etc. Lisez dans le métro, dans l’autobus, lisez aussi souvent que vous le pouvez. Lancez-vous des défis! Y a-t-il un sujet en particulier qui vous intéresse mais auquel vous  ne connaissez pas grand-chose? Qu’attendez-vous? Lisez!

4. Intéressez-vous à tout

Un traducteur, surtout s’il est travailleur autonome, sera appelé à traduire des textes de tous genres, et qui traitent de sujets très variés. Si vous êtes un apprenti et souhaitez débuter votre carrière en traduction, vous n’aurez certainement pas le luxe de refuser un contrat qui vous semble moins intéressant. Soyez ouvert d’esprit!

Bien sûr, on vous répètera qu’il faut se spécialiser… mais par où commencer? Évidemment, si vous avez travaillé, par exemple, dans un laboratoire scientifique, vous serez naturellement appelé à traduire des textes scientifiques par votre expérience et par vos intérêts, surtout si vous avez des contacts dans ce milieu. Mais pour celui qui n’a pas encore débuté sa carrière et qui est seulement intéressé par les langues? Vous n’avez pas le choix: intéressez-vous à tout!

En plus de faire de la lecture touchant différents sujets, regardez des documentaires, écoutez la radio, faites du jardinage, et prenez des cours de menuiserie ou de cuisine comme vous en avez toujours rêvé! Certaines connaissances peuvent vous sembler inutiles aujourd’hui, mais, qui sait, vous pourriez très bien vous retrouver à traduire des documents dans ces domaines!

5. Soyez au courant de l’actualité

Écoutez les nouvelles, ou encore mieux, lisez les journaux! Je vous mets en garde contre le niveau de langue qu’on y trouve, par contre, certains journaux et certaines chaînes de télévision ne sont vraiment pas une référence (on y emploie des tonnes d’anglicismes fautifs)! Cependant, il est important de se tenir à jour. Un jour ou l’autre, vous serez appelé à traduire des textes ayant des références historiques, (surtout envers la politique) ou des références aux nouvelles du jour. Prenez de bonnes habitudes dès aujourd’hui!

6. Apprenez une troisième langue

Les points de vue divergent sur cette question. Certains vous diront qu’il est préférable de vous concentrer sur deux langues, et il est vrai que c’est déjà tout un défi de bien traduire des textes de l’anglais vers le français. Bien sûr. Mais si vous aimez les langues, si vous aimez voyager, si vous avez envie d’en apprendre une troisième… n’hésitez pas!

Je m’explique : l’apprentissage d’une troisième langue est très bénéfique, car elle vous ouvre l’esprit. Elle vous aide à faire des connexions, et à mieux comprendre votre langue maternelle. Par exemple, moi, j’ai fait un baccalauréat en études hispaniques, et je ne le regrette pas! J’ai beaucoup amélioré la qualité de mon français grâce à ces cours.

La seule mise en garde que je ferais ici, c’est qu’il est essentiel d’avoir un très bon niveau dans vos langues de bases avant d’en apprendre une nouvelle. Je me souviendrai toujours lorsque j’étais au Cégep, j’avais seulement une petite base en espagnol, puis je prenais un cours d’introduction à l’italien… erreur! Je faisais des phrases moitié espagnol et moitié italien! Non seulement je n’ai pas bien appris l’italien, mais en plus, j’ai pris du recul dans mon apprentissage de l’espagnol! Mais rassurez-vous, tout va bien aujourd’hui : le cerveau s’améliore avec la pratique assidue.

Pour en savoir plus sur les professions des langagiers, je vous suggère un article intéressant: Les langagiers: qui sommes-nous et que faisons-nous?

 

Mariko Beaupré

Traductrice-rédactrice

 

 

 

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Une Réponse à “Comment devenir traducteur?”

  1. ibeth villasenor

    Mariko, tus comentarios son muy valiosos para quienes queremos dedicarnos a la traduccion, me gustaria hacerlo de ingles y frances al espanol, vivo aqui en montreal, consideras que existe un mercado interesante que explorar, yo soy especialista en redaccion en espanol, me gustaria escuchar tu opinion, recibe saludos!

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